For those who’ve come across the seas

(Lake Burley Griffin, ACT, 26-01-2012)

Il y a eu un réveil en sursaut et une préparation en quatrième vitesse, une tartine dans une main, une paire de chaussettes dans l’autre et le tube de mascara coincé entre les dents.

Il y a eu une course à la chemise pas repassée et une chasse aux clés de voiture, quelques minutes de grogneries et puis un départ sur les presque chapeaux de roue. Sans chapeau ni bouteille d’eau. Mais avec l’appareil-photo. Et en étant tout beaux.

Il y a eu une place trouvée très vite et une foule suivie à petits pas pressés. Quelques doutes aussi : c’est bien là, tu crois ? Parce que, bon, j’ai vérifié, mais quand même, on sait jamais…

Il y a eu l’arrivée en bord du lac, cette scène posée là, alignée parfaitement entre ANZAC Parade et Parliament House. (Tu vois bien que c’était là !)

Il y a eu cette marée soudaine de chapeaux de paille à ruban rose et de drapeaux qui dansent sous la brise. Des drapeaux et des tatouages éphémères, des sourires et une émotion immense qui bourgeonne follement. Les retrouvailles avec les autres supporters, les récits d’autres cérémonies et ce picotement sur la nuque qui murmure des « et si… ».

Il y a eu l’attente, le lent ballet de la cérémonie qui s’échauffe, s’étire et se lance sur la pointe des pieds. Le lent ballet d’une cérémonie que les caméras doivent apprivoiser, ce si lent ballet de micros, de perches et de fils, ponctué de sauts de puces de photographes.

Il y a eu les drapeaux, les saluts et les revues de troupes. Il y a eu l’hymne national australien, joué une première fois, des yeux essuyés subrepticement en bénissant les lunettes de soleil et des mains qui se serrent.

Il y a eu les souhaits de bienvenue sur les terres du peuple Ngunnawal, accompagnés du chant si envoûtant du didgeridoo. Soyez les bienvenus ici, ne craignez pas de laisser l’empreinte de vos pas sur la terre de nos ancêtres.

Il y a eu des souhaits de bienvenue prononcés par le Premier Ministre Julia Gillard, des sourires qui s’étirent, des cœurs qui battent la chamade et des yeux qui s’embuent à nouveau.

Il y a eu des serments prêtés, vingt sept voix se mêlant, un peu fêlées, un peu tremblantes. Des voix caressées d’accents sud africain, anglais, brésilien, soudanais, chinois, philippin, français, canadien…

Il y a eu vingt sept nouveaux citoyens australiens recevant félicitations et certificat de citoyenneté des mains du Premier Ministre, des proches qui crient leur joie et cachent leurs larmes, des jambes qui flageolent un peu et des yeux qui pétillent follement. Des appareils-photo qui crépitent et des souvenirs qui se gravent.

Et puis, il y a eu à nouveau l’hymne national. Et il y a surtout eu beaucoup de larmes dès qu’ont résonné les premières notes d’Advance Australia Fair…

Il y a eu les retrouvailles avec les citoyens australiens tout frais couronnés, les embrassades ravies, les sourires qui disent toute la fierté, les messages de félicitations des collègues qui affluent soudain et l’anticipation des fous rires qui ne manqueront pas lorsque viendra la découverte sur écran de nos vedettes du jour.

Et puis ensuite, il y a eu les barbecues, les bières partagées en attendant le feu d’artifice, les enfants qui courent en agitant des drapeaux, le lent décompte du Hottest 100 et les premières étoiles.

Mais il y a eu, surtout, une vague immense d’émotion et d’espoir un peu doux dingue. Dis, tu crois qu’un jour, nous aussi ?

Je crois, oui. J’espère. Pas toi ?

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