And we could fly across the sky

(Harden, NSW, 11-10-2013)

Dès que le printemps s’en vient, LeGB s’en va. Par collines et par vaches monts et par vaux, la crème solaire en bandoulière, la chemise de champ conquérante et les chaussures de sécurité rutilantes (ou pas) (mais si vous le voulez bien, on dira que si. Parce que ça fait rudement plus sérieux, non ?) (et un brin romantique, aussi) (quel homme, ce LeGB, quel homme !). C’est qu’il a charge de grains de blé et que le grain de blé, s’il veut bien pousser, doit être dorloté.

Et c’est donc ainsi que LeGB part rejoindre le bout du bout des New South Wales deux fois par semaine, le nez au vent et le bagage mince. Et c’est donc ainsi qu’afin de s’occuper sur la route (c’est qu’il y a moult kilomètres à faire pour aller bercer l’épi qui pousse), entre deux conversations avec Collègue Extra, il dévore les panneaux de bord de route. Annonçant une fête d’école, une vente de potirons ou de crottin de cheval, des pieds de tomates à donner. Ou encore parfois le prochain festival de cerfs-volants. Avec moult renforts de superlatifs et de cotillons. Parce que, hey ! le festival de cerfs-volants de Harden, c’est quelque chose, tout de même !

Et c’est ainsi que, ni une, ni deux, nous nous sommes retrouvés sur la route de Harden un joli samedi matin d’octobre. Et il n’a guère fallu de temps pour s’apercevoir qu’en effet, le festival de cerfs-volants d’Harden, c’est quelque chose ! Pensez donc, il y a le Rotary Club local qui vend des sausage rolls, un clown qui gonfle des ballons, les enfants de l’école primaire qui répètent leurs chorégraphies de fin d’année, une vente de plantes, quelques nains de jardin, des bonbons plus ou moins locaux. Et même des cerfs-volants qui flottent. Enfin, quelques-uns, les autres ont bien du mal à décoller. Il y a des enfants qui courent, des mamies qui rient, des papis qui sifflotent et des parents qui essaient de défaire les nœuds de cette fichue ficelle… Le manège fait vrombir son moteur de tondeuse à gazon, la chorégraphie tourne à l’improvisation la plus totale et il flotte dans l’air comme une odeur de vacances, agrémentée d’oignons grillés et de sauce barbecue. Des vacances qui nous auraient ramenés au moins tout ça en arrière, dans un monde fait de manèges artisanaux, de cerfs-volants dessinés à la maison, d’enfants qui crient et de collectes de fonds pour l’association scolaire.

C’est une très mignonne fête de village, qui ne casserait sans doute pas huit pattes à un cerf-volant de compétition mais qui respire le bonheur. Et la poussière du champ de courses quand il ne pleut pas. Une fête comme il y en a tant par ici. De quoi s’installer à l’ombre d’un eucalyptus, bayer aux corneilles en chassant les mouches qui, avec le retour en force de l’été, ont renoué avec leur tendresse légendaire. De quoi admirer un moment le ballet des chauves-souris, des requins, des chiens et tous les autres drôles d’oiseaux qui flottent paresseusement au-dessus des feuilles. Et de quoi se bidonner un brin en se disant qu’on est très certainement les seuls à avoir fait le déplacement d’aussi loin que Canberra… Le festival de cerfs-volants d’Harden se vantera, qui sait?  d’être devenu international, désormais. Pensez donc, il y avait deux Frenchies en vadrouille en 2013 !

4 thoughts on “And we could fly across the sky

  1. DOMINIQUE

    Pendant quelques années, il y a eu ce genre de fête dans mon quartier (de village, ce qui fait tout petitpetit)… C’était adorable, toutes générations confondues, des manèges, des saucisses, merguez et c’est la première fois que j’ai vu ma belle-mère pompette.
    C’était bien.

    Reply

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